POTUS et bouches cousues
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| Collection de Marielle Langlois -Photo prise dans le contexte d'une exposition extérieure de photos, Toulouse, France, 2016 |
Je suis du nombre, du très grand nombre de personnes qui sont convaincues que POTUS (President Of United States) n'a pas contracté le coronavirus.
À lire les médias traditionnels, je pourrais, avec pareille introduction, donner l'impression d'être une complotiste.
Comme moi, vous aurez été à même de constater que les médias ont traité la nouvelle abondamment sans remettre en question, sinon à demi-mot, du bout des lèvres, la parole du président des États-Unis.
Le contraire aurait été étonnant.
Il est difficile, voire impensable, pour un média ou pour un politicien, dans la mesure où c'est la santé qui est en cause, de remettre en question la parole d'un chef d'état sans avoir le sentiment profond de marcher sur des œufs, d'avoir une épée de Damoclès sur la tête.
Le mot d'ordre est entendu : POTUS et bouches cousues. C'est celui des médias, c'est celui aussi des politiciens! Et je peux le comprendre.
Mais, moi, Marielle Langlois, qui suis ni journaliste, ni politicienne et qui, de surcroît, n'aspire ni à l'un ni à l'autre, je m'offre la satisfaction, le luxe d'écrire ce que je pense : je ne crois pas que Donald Trump ait contracté le virus.
Je n'y crois pas tout simplement parce que ça le sert trop bien à une étape cruciale de la campagne. Parce que la présumée contraction du virus se présente pile-poil à son agenda électoral, sur un plateau d'argent.
Ça lui permet, en premier lieu, de faire diversion, et quelle belle diversion, à la suite de sa désastreuse performance lors du premier débat télévisé. Ce que tous attendaient comme un bras de fer entre deux prétendants à la présidence aura eu tôt fait de se transformer en un cloaque verbeux dans lequel les deux candidats se sont littéralement enfoncés.. Un débat que les deux partis voudraient oublier et dont aucun candidat n'est sorti gagnant, encore moins glorieux.
Ça lui permet du même coup d'échapper au débat du 15 octobre, proposé en mode virtuel, et auquel il s'est opposé farouchement sous prétexte qu'il était guéri, en écorchant au passage son adversaire. Comment? Facile et habile. Il laisse entendre que son adversaire est effrayé à l'idée de contracter un virus que lui-même a été en mesure d'apprivoiser et de combattre dans un délai qui défie l'entendement et la... science. Une victoire rendue possible sous les auspices d'une armada de médecins dirigée de main de maître par un éminent spécialiste des... os. Cherchez le lien!
Ça lui donne aussi quelques jours de recul pour prendre le pouls de sa campagne, pour se réjouir de sa nouvelle cote de popularité; une cote qu'il espère voir monter en hausse artificielle sous l'effet de son hospitalisation, comme l'ont été, à l'été dernier, celles de ses pairs, Bolsonaro (Hausse de 5 %) au Brésil et Johnson en Angleterre (Hausse de 6 %). Toutefois, la suite aura démontré que l'effet de sympathie populaire générée par la contraction du coronavirus est de courte durée. Raison de plus de garder cette carte dans sa manche et d'en faire l'usage le plus stratégique. Une hausse de popularité de 5 à 6 % à la veille d'une élection, ça se prend bien : "The Apprentice" l'a compris.
Enfin, ce temporaire et ô combien nécessaire retrait de la campagne électorale à des conditions présidentielles témoigne, de son point de vue, de son extraordinaire condition physique pour affronter ce terrible virus qui, au final, terrifie la planète, paralyse l'économie mondiale, et ce, SANS RAISON. Heureusement, il est là pour calmer le jeu et nous rappeler qu'il ne faut pas se laisser dominer par le virus.
En quatre jours d'hospitialisation agrémentée d'une petite virée en limousine pour rassurer son bon peuple, POTUS a rajeuni de 20 ans et le voilà fin prêt à remonter en selle pour un autre mandat de quatre ans.
C'est clair! On est en pleine téléréalité !
Une très mauvaise téléréalité qui a culminé avec son arrivée triomphale en hélicoptère sur fond sonore hollywoodien : le retour du miraculé, suivi de sa tranquille et sereine ascension au balcon de la Maison blanche, tel un battant, tel un vainqueur retirant son masque dans un geste théâtral pour livrer SON message à SA nation !
Veni, vidi, vici
"Je suis venu, j'ai eu, j'ai vaincu..."
Bref, un tableau à mi-chemin entre le clownesque et le kafkaïen.
Je persiste et signe même si au final, ça ne m'aura pas apporté grand chose si ce n'est le sentiment, la conviction de ne pas être prise pour une valise.
Marielle Langlois

Peut-être, mais... On le saura rapidement s'il a fait semblant. Il y a trop de monde impliqué pour que cela reste caché longtemps.
RépondreSupprimerComme ses revenus annuels. Le gouverneur de l'état de New-York toujours en attente des revenus annuels de Trump en dépit d'un jugement favorable de la Cour suprême des États-Unis. Si un jour, ça finit par sortir, il fera diversion. Il inventera un BidenGate.
SupprimerC'est un maître dans l'art de la diversion. Il dit publiquement prendre plaisir au "grab of the pussy". Il devient président des USA. Il tient des propos racistes, c'est Trump. Il tient des propos haineux : c'est Trump. Il a des allégeances confirmées avec des suprémacistes blancs. C'est Trump.
Des analystes s'amusent à mesurer le nombre de fausses affirmations qu'il formule en une journée. La fréquence est tellement importante qu'on peut presque parler d'un sport d'élite. ;-). Ça doit lui demander une grande concentration pour ne pas se répéter.
Faudrait que tu avises l'Ordre des médecins américains, ça fait pas mal de monde à radier.
RépondreSupprimerEst-ce qu'il y a un ordre des médecins américains? À la suite d'une recherche rapide je suis tombée sur l'Association médicale américaine, dont l'historique, tel que formulé, n'est pas très glorieux. Tu peux aller jeter un oeil. https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_m%C3%A9dicale_am%C3%A9ricaine
SupprimerPar ailleurs, Donald Trump s'est fait soigner à l'hôpital militaire de Walter Reed, avec une administration militaire, et non pas dans le réseau privé et encore moins dans le réseau public, un peu fragilisé par sa présidence ;-).
J'ai mentionné l'Ordre des médecins en référence à nos institutions. Que leur association s'appelle comme elle le voudra, un médecin est un médecin qui a reçu un droit de pratiquer et porter serment et ce droit de pratiquer peut lui être retiré pour des motifs moins graves que ceux que tu leur attribues. Si c'était le cas, ce serait une honte inqualifiable pour le corps médical.
SupprimerCeci dit, ton propos est dans le main stream actuel: https://www.courrierinternational.com/article/covid-19-et-si-donald-trump-mentait
Je ne suis pas infaillible. Possible que je me sois trompée, que j'ai erré dans mes propos. Qu'il soit au nombre des 7 717 932 cas confirmés aux États-Unis en date du 10 octobre, mais un fait demeure : ça le sert très bien au moment où se parle et il l'exploite à fond.
RépondreSupprimerAbsolument! Et il n'y a rien à son épreuve il est capable de toutes les bassesses.
SupprimerVoici ce qu'en dit le docteur Vadeboncoeur: https://lactualite.com/sante-et-science/trump-na-pas-eu-peur-de-la-covid/
RépondreSupprimern.b.: Trump, premier président américain sans chien depuis un siècle... ;)
https://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/elections-americaines/donald-trump-premier-president-sans-chien-a-la-maison-blanche-depuis-un-siecle-l-argument-d-un-clip-7009485
L'article, aux teintes franchement ironiques, signé par le docteur Vadeboncoeur m'a bien fait rigoler. Pour ce qui est de l'autre article, il me laisse perplexe. Je trouve que la règle entre sa vision égoïste du monde (celle de D. Trump) et l'absence d'un animal de compagnie est un peu facile. Mais si ça peut influencer le vote des propriétaires d'animaux de nos voisins américains de manière à montrer la porte à Donald Trump... Go go go! ;-)
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